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Histoire

L'histoire de la baronnie de Craon remonte à la fin du Xe siècle. Possession de Suhard Ier, vassal de Foulques Nerra comte d'Anjou, la terre de Craon passe successivement dans les familles de Nevers (1050-1373), Sully (1373-1382), La Trémoille (1382-1586), Bourbon-Condé (1586-1620) et d'Aloigny (1620-1702) avant d'être acquise par François de La Forest d'Armaillé (1647-1731) pour la somme de 200 000 livres. Conseiller au Parlement de Paris, le marquis d'Armaillé séjourna peu à Craon. Par contre, à la mort de son père, François-Pierre de La Forest d'Armaillé (1676-1743) choisit de demeurer dans le vieux logis du XIVè siècle, ultime vestige de la ville forte de Craon dévastée en 1562 pendant les guerres de Religion et dont les murailles furent démantelées sur ordre d'Henri IV en 1604.

 

En 1746, Pierre-Ambroise de la Forest d'Armaillé (1734-1806), orphelin de père et de mère, hérite du château médiéval et de la terre de Craon. Il est élevé par le sénéchal du domaine, un certain Petitot connu des tribunaux pour avoir injurié les religieux en public et usurpé un temps la fonction de maire de Craon. La mauvaise conduite de son tuteur a-t-elle exercé une influence sur le comportement du jeune marquis d'Armaillé ? Plusieurs historiens inclinent à le penser ! Toujours est-il que Pierre-Ambroise de La Forest d'Armaillé prend possession de son héritage à l'âge de 19 ans, en 1753, année de son mariage avec Marie-Gabrielle de Mornay-Monchevreul qui consacre l'alliance de la famille d'Armaillé, noblesse de robe angevine, avec la vieille noblesse d'épée du royaume.

 
 

chateau 1
 

Dix ans plus tard, le marquis recueille la riche succession d’un cousin. Pierre-Ambroise de la Forest marquis d’Armaillé, baron de Craon, de Gohort, du Puy-du-Fou et autres lieux devient dès lors l’un des plus importants propriétaires fonciers de l’Anjou. Il partage sa vie entre la chasse à Craon et les fêtes à Paris, « dépensant à la cour les revenus de ses possessions provinciales ». Le marquis d’Armaillé fréquente le salon de la duchesse du Barry et les lieux à la mode comme la Comédie-Française aux Tuileries où il possède une loge. À l’instar de son sénéchal, le marquis n’est guère apprécié des habitants de Craon. À la veille de la Révolution, un pamphlet circule à Craon, brossant le portrait d’un « méchant homme [...] Odieux assemblage de luxure et de rapacité ».

 

En 1773, en mal avec les habitants de Craon, le marquis d’Armaillé entreprend de quitter son vieux logis féodal et de s’éloigner de la ville pour construire un château moderne sur la colline de Guinefol. Cette terre, alors propriété du collège de Craon, est échangée contre le clos de la Suhardière en la paroisse Saint-Clément, lequel porte le nom du premier seigneur de Craon au Xè siècle. Cet échange de terres marque une rupture symbolique entre le seigneur et ses vassaux. La situation géographique du nouveau château illustre en effet les ambitions du marquis d’Armaillé : il domine la ville et en est séparé par un vaste parc à la française. « Il est impossible d’ignorer ce château construit pour être vu de loin et ne pouvant être approché » écrit fort à propos Arnaud Bureau dans une thèse d’histoire de l’art soutenue à Rennes en 2004.

 
 

jardin français
 

Les plans sont confiés à l’architecte Pierre Pommeyrol (1744-1801). Originaire de Julliac, en Haute-Garonne, cet « entrepreneur des ouvrages du roi » installé à Laval est alors peu connu. Le choix du marquis d’Armaillé s’avère cependant judicieux, car les historiens de l’art considèrent que Pierre Pommeyrol « réalisa un élégant chef-d’œuvre d’architecture ». Il fut aussi le constructeur du château d’Hauteville à Charchigné en Mayenne.

Les travaux débutent dès 1773 avec la commande de « pierres de Saumur » et l’arrivée de maçons limousins et angevins à Craon. L’achèvement du gros œuvre au cours de l’été 1776 coïcide avec le début des aménagements intérieurs, lesquels se terminent en 1779. Tout au long du chantier, le marquis suit avec beaucoup d’attention l’avancement des travaux. Il veille lui-même à l’embauche des ouvriers maçons, charpentiers, marbriers... et artistes décorateurs qu’il fait parfois venir de Paris, notamment les sculpteurs Louis-Rémy Bourdois et Jean-Edme Liottier. Très présent sur le chantier et très exigeant, le marquis d’Armaillé a dicté ses choix pour faire de ce domaine le symbole de sa puissance et l’expression d’une culture raffinée.

 

En janvier 1790, le marquis d’Armaillé se sentant menacé sur ses terres de Craon regagne son hôtel parisien, abandonnant son château aux troupes révolutionnaires qui y cantonnent. En octobre 1793, l’Armée catholique et royale sous les ordres d’Autichamp entre à Craon et en chasse les Républicains du général Chambertin qui y reviennent en janvier 1794. Le parc a été le théâtre de combats entre chouans et républicains et le lieu d’exécutions sommaires pendant l’été 1794 par le général Vachot, successeur du général Kléber dans l’Ouest insurgé.

Les occupations successives du domaine contribuent à sa dégradation. Les arbres du parc sont abattus, les animaux du haras dispersés, les meubles volés, les murs percés de coups de baïonnette... Pendant ce temps, le marquis est incarcéré à Paris en vertu de la loi des suspects du 17 septembre 1793. La chute de Robespierre lui permet d’échapper à la guillotine. Il est libéré le 12 octobre 1794. « Si la carrière de ce monstre sanguinaire se fut prolongée de six jours, la mienne devait se terminer le 14 thermidor, et je devais faire nombre dans les milliers de victimes que ce grand égorgeur a fait assassiner » déclare le marquis d’Armaillé qui ne peut néanmoins récupérer la jouissance de ses biens.

 
 

Vision à 360 degrés
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Réalisation Jean-Charles DRUAIS

 

Coïncidence, l'expert nommé le 8 mars 1797 par l'administration pour la vente du château de Craon n'est autre que l'architecte Pierre Pommeyrol. Mais les guerres de l'Ouest n'étaient pas terminées et la vente ne put avoir lieu. En 1803, le château est affecté à la Légion d'honneur, instituée l'année précédente par Napoléon Bonaparte, et le restera jusqu'à la Restauration en 1814. Le marquis d'Armaillé meurt en 1806 à Grigny, en Seine-et-Oise, sans avoir pu récupérer son domaine. C'est sa fille, Marie-Camille comtesse de Cossé-Brissac (1759-1827) qui se voit restituer le bien familial le 28 août 1816. À sa mort, en 1827, son fils Arthur de Cossé- Brissac (1790-1837) hérite du château et domaine de Craon.

Un an plus tard, en novembre 1828, le petit-fils du marquis d'Armaillé vend le tout pour 146 000 francs à Guillaume de Champagné (1766-1831). Son fils Édouard de Champagné (1802-1840) lui succède. À sa mort, sa femme Marie-Ernestine de La Grange (1817-1887) puis son fils René de Champagné (1838-1890) entreprennent de restaurer le château et de créer un vaste parc à l'anglaise. Succédant à son père en 1890, Alain de Champagné poursuit les travaux de restauration du château mais surtout agrandit le domaine familial. Son portrait orne l'un des salons que l'on appelle "le salon Champagné" ou le fumoir. Le dernier marquis de Champagné (1874-1918) y figure en uniforme de cavalier du 24e dragons.

 

Engagé volontaire à l'âge de 40 ans, il est très grièvement blessé d'une balle en pleine poitrine lors de la bataille de l'Yser le 2 novembre 1914 et décède en 1918 des séquelles de cette blessure. Hélène de Langle, marquise de Champagné, prend les rênes du domaine. En 1925, elle épouse le marquis Fortuné d'Andigné et une nouvelle ère de travaux commence, ce qui vaudra cette réflexion à un vieux paysan de Craon : « Le premier mari de la marquise, quand il avait de l'argent c'était pour acheter de la terre. Le deuxième, c'était pour la retourner dans le parc ». De cette époque date en effet la création du jardin à la française.

Hélène de Langle se retrouve à nouveau seule en 1935 pour diriger le domaine qu'elle entretient et sauvegarde quelles que soient les circonstances. En mars 1943, afin de protéger les arbres du parc menacés d'être abattus par les soldats allemands, elle obtient le classement en procédure accélérée des 42 hectares du domaine de Craon par les Monuments historiques. À la mort d'Hélène de Langle en 1954, le château est transmis par héritage à son neveu Louis de Guébriant (1916 -2005). Le portrait d'un illustre ancêtre de la famille de Guébriant orne le grand salon. Il s'agit du maréchal de Guébriant (1602-1643) dont l'épouse, Renée du Bec-Crépin, fut la première femme ambassadrice de France en Pologne sous Louis XIII.

 

 
 

C'est à l'initiative du comte de Guébriant que le domaine de Craon a été ouvert au public en 1962. Ce fut ensuite au tour du château d'ouvrir ses portes aux visiteurs en 1982, puis les anciennes écuries ont été réaménagées en 2002 pour servir de salles de réception.

Aujourd'hui, Loïk et Hélène de Guébriant accueillent chaque année plus de douze mille personnes qui découvrent à chaque saison une nouvelle gamme de couleurs. Aux jonquilles d'avril succèdent les rhododendrons en mai, puis les pivoines, les glycines, les lilas et les roses de l'été avant la floraison automnale des cyclamens, l'embrasement des hêtres, des chênes d'Amérique et des liquidambars.

 

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